“Sujet sensible”, l’abattage sans étourdissement revient hanter la politique bruxelloise: “Des tensions pourraient naître dans la majorité”

La rédaction

L’abattage sans étourdissement revient dans le débat politique à Bruxelles. Une proposition DéFI, Groen et Open Vld est déposée. Le PS s’étonne.

À l’initiative du député Jonathan de Patoul (DéFI), la formation amarante, Groen et l’Open Vld ont déposé au parlement bruxellois une proposition d’ordonnance visant à interdire l’abattage d’animaux sans étourdissement.

Cette initiative était dans l’air depuis que le ministre DéFI avait vu un projet d’ordonnance du même tonneau rejeté par certains de ses collègues ministres. Par la voix de son chef de groupe Ridouane Chahid, le PS a déjà fait savoir tout le mal qu’il pensait de la démarche initiée par DéFI. Ridouane Chahid s’étonne du geste posé et initié par le groupe Défi “qui prend dès lors la responsabilité des éventuelles tensions qui pourraient naître au sein de la majorité lors de ce débat”.

Comme en Wallonie et Flandre

Selon DéFI, la proposition mise sur la table du parlement est fort semblable à ce qui a été voté en Wallonie et en Flandre. Elle a été cosignée par les députées Lotte Stoops (Groen) et Carla Dejonghe (Open VLD). Le texte poursuivra au cours des prochains mois la procédure parlementaire pour être agendé et débattu au sein de la Commission Environnement et finalement soumis au vote en séance plénière.

Il est certain que cette question de l’obligation de l’étourdissement avant l’abattage est un sujet sensible en Région bruxelloise

Pour Jonathan de Patoul (DéFI), “il est certain que cette question de l’obligation de l’étourdissement avant l’abattage est un sujet sensible en Région bruxelloise. Je me réjouis donc que nous puissions porter le débat au sein de l’assemblée parlementaire tout comme cela a été le cas en Flandre et en Wallonie. Chacun pourra être entendu et développer ses arguments et j’ai bon espoir de pouvoir convaincre un maximum de députés de voter en faveur de ce texte très important pour le bien-être animal à Bruxelles”, a-t-il encore dit.

Pour Lotte Stoops (Groen), “il est important que les animaux soient traités avec dignité pendant toutes les étapes de leur vie. Leur fin de vie en fait également partie, car nous tenons compte du bien-être des animaux depuis leur conception jusqu’à une éventuelle consommation de viande”.

D’après Carla Dejonghe (Open VLD), les libéraux flamands sont favorables à l’interdiction de l’abattage sans étourdissement depuis longtemps, et ce pour le bien-être animal. Ils comprennent qu’il y ait différentes sensibilités à ce sujet, raison pour laquelle ils ont attendu la décision de la Cour constitutionnelle et travaillé sur un texte qui en tient compte à tous les égards, en prévoyant une exception dans le cadre des rituels religieux permettant un étourdissement réversible.

Il est important que les animaux soient traités avec dignité pendant toutes les étapes de leur vie. Leur fin de vie en fait également partie
Le PS contre-attaque illico

Le chef du groupe PS s’en est quant à lui pris ouvertement à DéFI, à l’initiative de la proposition. “Il fut un temps où la voix de ce parti faisait de lui un partenaire crédible, fiable et responsable. Peut-être que ce temps est révolu”, a commenté Ridouane Chahid, à l’annonce du dépôt du texte.

Le groupe PS “regrette d’ailleurs que le code du bien-être animal tant attendu (NDLR: promis par le ministre DéFI du Bien-être animal, Bernard Clerfayt) ne puisse pas encore faire l’objet d’un débat parlementaire”.

Ridouane Chahid juge l’attitude de DéFI “irresponsable d’autant plus que l’arrêt de la cour constitutionnelle n’oblige pas de légiférer en la matière”.

Force est de constater que depuis quelques mois la loyauté n’est plus vraiment un mot qui a de la valeur pour le groupe DéFI

Par ailleurs, le chef de groupe PS regrette que DéFI “ne se consacre pas plus à la mise en œuvre de la déclaration de gouvernement en matière d’emploi et d’économie à l’heure où bon nombre de secteurs d’activités et entreprises bruxelloises vivent des moments plus que difficiles au regard de la crise sanitaire qui a engendré une crise économique et une augmentation de la précarité”.

“Force est de constater que depuis quelques mois la loyauté n’est plus vraiment un mot qui a de la valeur pour le groupe DéFI”, a-t-il conclu.

Dans l’opposition, la cheffe du groupe N-VA, Cieltje Van Achter, a annoncé la disponibilité de sa formation à contribuer à la formation d’une majorité de rechange autour de cette proposition à ses yeux trop longtemps freinée dans la majorité par le PS, Écolo et Vooruit.

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