L’islamiste radical Mohamed Hajib appelle à la rébellion contre les institutions marocaines depuis l’Allemagne

La rédaction

Le Maroc considère ses messages, diffusés via les réseaux sociaux, comme une menace pour sa sécurité nationale.

Le Maroc prend au sérieux les menaces de Mohamed Hajib, un salafiste germano-marocain accusé de diffuser des messages d’incitation à la violence et d’apologie du terrorisme sur ses profils de médias sociaux, selon les autorités. Hajib y attaque durement le royaume alaouite et le monarque Mohammed VI, et incite ses partisans à se soulever contre les institutions marocaines. Il dénonce également le Makhzen, en référence à l’élite dirigeante du pays, qui “sert les intérêts de l’Occident”.

Les autorités marocaines le considèrent comme une menace potentielle pour la sécurité et la stabilité nationales du Maroc. Hajib incarne l’islamisme politique radical rejeté par Rabat, et diffuse ses propos sur des plateformes telles que Facebook, où il compte près de 37 000 adeptes, et YouTube, où ses vidéos ont environ 30 000 vues. Dans certaines d’entre elles, Hajib appelle ses partisans à se rebeller contre le gouvernement et à mourir “comme un martyr”.

Hajib a atterri en prison en juin 2010, accusé de financement du terrorisme et d’appartenance à une organisation criminelle. Un juge l’a condamné à 10 ans de prison, dont sept à la prison de Toulal. Il a été arrêté par la justice marocaine après être entré illégalement au Pakistan, où il a été arrêté par les autorités et expulsé vers l’Allemagne. De l’aéroport de Francfort, il a été extradé directement au Maroc, où il s’est finalement assis sur le banc des accusés.

Tablighi, une interprétation puriste de l’islam, Hajib était soupçonné d’avoir tenté de rejoindre l’organisation terroriste Al-Qaïda en 2010 lors de son voyage au Pakistan. Selon son récit, il s’est toutefois rendu dans le pays asiatique pour effectuer un pèlerinage sur l’un des lieux saints de sa foi. Une fois au Maroc, Hajib a lui-même dénoncé avoir subi des tortures et des menaces de la part de la Brigade nationale de la police judiciaire marocaine (BNPJ). Ces accusations ont été réfutées avec véhémence par Rabat et remises en question par plusieurs leaders islamiques.

Après sa sortie de prison, il est retourné en Allemagne. Originaire de Tétouan, Hajib conserve la nationalité teutonne et vit actuellement à Duisburg, une ville proche de Düsseldorf. De là, il exhorte régulièrement ses partisans à agir contre les institutions de son pays d’origine. Les autorités marocaines ont dénoncé Hajib pour le contenu de ses vidéos, mais le parquet de Duisburg n’a trouvé aucune preuve d’infraction pénale, interprétant Hajib comme exerçant son droit à la liberté d’expression.

Les forces de sécurité marocaines ont tenté d’arrêter Hijab en août avec un mandat d’arrêt international soumis par Interpol. Le mandat a finalement été rejeté par le secrétariat général de l’organisation à Lyon. Selon le Maroc, l’inaction judiciaire de l’Allemagne en matière de Hijab constitue l’un des axes fondamentaux des tensions entre Rabat et Berlin qui se sont développées ces derniers mois.

Pour cette raison, entre autres, le gouvernement marocain a rappelé l’ambassadeur allemand à Rabat pour des consultations en mai. Le Maroc a réprimandé l’Allemagne pour avoir évité de reconnaître sa souveraineté sur le Sahara occidental, son rôle dans la crise libyenne et, surtout, pour avoir “agi avec complicité envers un ancien détenu pour actes terroristes”, en référence à Mohamed Hijab lui-même. Contrairement à Madrid, qui a fait des efforts pour améliorer ses relations bilatérales avec le Maroc, Berlin n’a pas encore suivi cette voie.

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