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Les futurs enjeux stratégiques de l’Afrique

Charles Saint-Prot

 Quels sont les enjeux stratégiques pour l’avenir de l’Afrique ? Quel est le jeu des puissances et comment l’Afrique peut-elle assurer son développement ?

 Afrique : enjeux stratégiques futurs

 L’importance stratégique de l’Afrique a varié suivant les enjeux des relations internationales de chaque époque. Longtemps, fidèle à la parole de Lénine, le bloc communiste tenta de tourner l’Europe par l’Afrique, ce qui échoua grâce à un petit nombre d’Etats dont la France, le Maroc du Roi Hassan II, le Sénégal, le Gabon et quelques autres.

 Profitant de la décolonisation, des régimes marxistes furent installer dans de nombreux pays, conduisant à la ruine. Certains subsistent encore comme au Mozambique et, dans une moindre mesure, l’Afrique du sud où le communisme et le secrétaire général du parti Yossel Mashel Slovo ont marqué l’ANC[1].

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 De nos jours, des puissances (États-Unis, Israël, Chine…) rêvent de remplacer la France, l’Angleterre ou le Portugal, tandis que l’on voit apparaitre de nouveaux acteurs comme le Turquie, la Russie ou l’Inde qui est, après la Chine, le deuxième partenaire commercial de l’Afrique.

 Les nouveaux acteurs régionaux ne sont pas meilleurs que les anciens, Bien au contraire e suffit pour s’en convaincre de voir comment les prédateurs internationaux tentent de s’approprier les richesses africaines, notamment les matières premières. ! Mais au moins les billevesées idéologiques ont fait long feu : le panafricanisme, le communisme,

Transitions démographique et sociale, écologique, énergétique, politique, technologique, portuaires… Les pays africains doivent relever des défis décisifs pour leur avenir.

 Au début des années 1990, avec la fin de la Guerre Froide, l’Afrique perd quelque peu de son intérêt géostratégique au profit d’autres régions du monde. Par exemple, une partie de l’aide internationale autrefois pourvue à l’Afrique, sera orientée vers les anciens pays socialistes de l’Europe de l’Est, notamment du fait de l’Allemagne pour qui, selon le mort de Merkel, la Méditerranée constitue un « mur infranchissable ».

 L’erreur majeure des pays européens aura été d’abandonner l’Afrique – non pour les raisons de prestige mais pour des raisons vitales concernant l’avenir d’à la fois les Africains et les pays européens.

 Face à lui-même, le continent africain doit souvent opérer une transition des régimes à parti unique au multipartisme et ne même temps ici comme ailleurs il convient de renforcer le rôle de l’Etat face aux prédateurs internationaux

 Contrairement à ce qu’affirment certains, la religion (Islam, Christianisme, animisme) n’est pas un problème comme l’atteste les exemples de cohabitation réussie, par exemple au Sénégal.

 Le vrai problème pour le continent est celui du développement

 Dans ces conditions, l’Afrique a besoin d’un leadership clairvoyant et hardi. Il convient de saluer le rôle du Maroc. En effet, force est d’admettre que le Roi Mohammed VI a fait de l’Afrique une priorité de la diplomatie du Royaume. Il a la vision d’une ambitieuse coopération Sud-Sud 

 Le Souverain marocain est particulièrement attaché à rappeler le rôle spécifique du Maroc, notamment grâce au Sahara marocain, comme espace de transmission avec le sud du Sahara et l’Afrique noire, et comme pivot nécessaire entre le Etats européens etl’Afrique subsaharienne

 Le Roi Mohammed VI souligne l’importance de renouer avec une vision dynamique et originale en imaginant une nouvelle politique africaine d’envergure

 On se souvient que dans un discours du 18 mars 1944 à Alger, le général de Gaulle posait le principe d’un axe euro-arabo-africain qui constituerait un centre capital d’une nouvelle organisation mondiale.

 Cette idée sera reprise à la fin des années 1970 par le président Valéry Giscard d’Estaing lorsqu’il appellera à retrouver les solidarités de la géographie, de l’histoire et de la culture, qui sont « une donnée permanente pour les nations européennes, pour l’Afrique, pour l’ensemble du monde arabe ». Ce sera l’objet du trilogue imaginé par la France à partir de 1979.

 Aujourd’hui, Mohammed VI est en train de promouvoir un vaste programme de coopération Sud-Sud tout en affirmant qu’il faut « multiplier les partenariats bénéfiques avec les nombreux pays développés qui marquent un intérêt constant, un engagement sincère et une implication substantielle en faveur du progrès économique et du développement humain de l’Afrique ».

 En vérité, ce qu’expose ici le Souverain est tout uniment la stratégie d’une coopération triangulaire où chacun trouverait un intérêt majeur. Ce projet concernera aussi bien un Maghreb enfin débarrassé des conflits du passé pour tendre vers une nécessaire intégration, les pays du Golfe arabe qui ont besoin d’une profondeur historique, une Afrique dynamique et des nations européennes – en premier lieu la France – qui doivent reprendre conscience que leur destin se joue de l’autre côté de la Méditerranée et non dans le cadre étriqué de la petite union européenne.

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