Crise dans le Golfe : pourquoi l’Arabie saoudite et ses voisins isolent le Qatar

Accusé de soutenir le terrorisme et les forces chiites, le Qatar souffre depuis lundi d’un isolement sans précédent. Une fronde menée par l’Arabie saoudite et soutenue par l’Egypte et le Yémen qui intervient deux semaines seulement après la visite de Donald Trump à Ryad.

Jamais depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG), un tel séisme diplomatique ne s’était produit. L’Arabie saoudite, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis ont décidé lundi d’isoler leur voisin qatari en fermant leur frontières, vite rejoints dans cette mise en quarantaine par le Yémen et l’Egypte.

Les grandes compagnies aériennes Emirates, de Dubaï, et Etihad, d’Abou Dhabi, ont également annoncé la suspension de tous leurs vols vers et en provenance du Qatar à partir de mardi matin «jusqu’à nouvel ordre». Ultime accroc : le riche émirat gazier a été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles Houthis pro-iraniens au Yémen.

Les raisons de cet brutal isolement diplomatique et de cette crise au sein du monde musulman sunnite sont diverses mais toutes intimement liées. Accusé à la fois de soutenir le groupe Etat Islamique, Al-Qaïda, les Frères musulmans et critiqué pour sa prétendue complaisance avec des groupes chiites, le Qatar a réagi avec colère en accusant à son tour ses voisins du Golfe de vouloir le mettre «sous  tutelle».
Cette ostracisation n’a rien d’une surprise. En 2014, déjà, l’Arabie saoudite, Bahreïn et les Emirats Arabes Unis avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans. Plus récemment, la tension était montée à un cran inédit par médias interposés, en raison de faux propos attribués à l’émir cheik qatari Tamim ben Hamad Al-Thani. Les propos controversés de ce dernier rompaient avec le consensus régional sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’Iran, le voisin chiite vu alors comme un allié stratégique alors qu’il vient d’être accusé par l’Arabie saoudite d’être «le fer de lance du terrorisme». Il faut ajouter à cela la concurrence exacerbée entre les familles bédouines de la Péninsule arabique, toutes issues de la branche sunnite.

Néanmoins, la dureté des mesures surprend Wassim Nasr, spécialiste des mouvements et mouvances djihadistes. «C’est très fort. Ils coupent les circuits routiers, aériens et navals avec le Qatar. Ils ont donné quatorze jours aux ressortissants qatari pour quitter leurs territoire, explique-t-il au Parisien. Parmi eux, beaucoup de riches de familles qui comptent économiquement. Ils tentent d’asphyxier économiquement le Qatar».

A ce stade, la grande inconnue concerne l’avenir du site Al Udeid, l’une plus grandes bases militaires américaines au monde installée sur le sol qatari. C’est l’un des principaux pôles aériens au Moyen-Orient. Une partie de la guerre en Syrie est gérée depuis ce centre de commandement.

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