Vague de dénonciations en Algérie

Oussible Rime

Plusieurs partis politiques et organisations non gouvernementales ont exprimé leur indignation et dénonciation suite à la dissolution par la justice algérienne du « Rassemblement Action Jeunesse » (RAJ), une association de défense des droits humains, suite à une requête du ministère algérien de l’Intérieur.
Réagissant à cette décision, le Président de RAJ, Abdelouhab Fersaoui a déploré ce verdict prononcé « malgré le travail des avocats qui ont montré dans les requêtes et dans les plaidoiries que le dossier est vide dans le fond et dans la forme, comme ils ont pu aussi déconstruire une requête basée sur des suppositions sans aucune preuves telles que constater par les juges du tribunal ».
Dans un post sur facebook, il a assuré que « ce verdict ne va pas nous affaiblir, n’effacera pas les 28 ans d’existence, de résistance et de lutte pour la citoyenneté, la liberté et la démocratie ».

De son côté, Amnesty International a dénoncé cette décision du tribunal administratif d’Alger de dissoudre RAJ, qualifiant ce verdict de « décision arbitraire » et de « gifle pour les libertés en Algérie ».

Cette décision « est une gifle aux droits humains en Algérie. C’est aussi un indicateur inquiétant de la détermination des autorités à réprimer l’activisme indépendant, les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique », a déclaré Amna Guellali, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International.

« La fermeture des organisations de la société civile est l’une des restrictions les plus sévères imposées au droit à la liberté d’association. Le faire dans le but de faire taire les critiques et d’écraser la dissidence est tout simplement illégal et inacceptable », a ajouté Amnesty International..

Pour sa part, le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Laddh), Saïd Salhi, a dénoncé un « recul sur les acquis d’octobre 1988″, ayant consacré le multipartisme et l’essor du mouvement associatif.

Quant au Front des forces socialistes (FFS), il a qualifié la décision d’ »une première » depuis l’avènement du multipartisme, la liberté d’association et de la presse institués par la Constitution de 1988.

Selon son premier secrétaire national, Youcef Aouchiche, le FFS réitère la conviction que le changement pacifique ne peut venir que d’une « société structurée et organisée ».

« La logique du tout-répressif dans la gestion de la vie publique et son utilisation comme la seule réponse aux légitimes aspirations populaires à la liberté (…) nourrissent les tendances extrémistes et menacent la cohésion nationale », avertit le plus vieux parti d’opposition en Algérie.

Pour le Parti des travailleurs (PT), « après des centaines d’arrestations, un pas grave vient d’être franchi : une organisation de jeunes, agréée depuis 28 ans, ayant pris part à de nombreux combats démocratiques, la restauration de la paix durant la décennie noire et accompagné la révolution du 22 février 2019 est dissoute par voie administrative ».

Pour ce Parti, la dissolution du RAJ « confirme la volonté de remise en cause de l’ensemble des acquis du peuple algérien et des libertés arrachées par le sang de plus de 500 jeunes victimes » lors des évènements du 5 octobre 1988, en l’occurrence le droit à la liberté d’organisation et de création d’associations indépendante.

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