Des voyageurs bloqués au port de Sète à cause de la compagnie maritime Inter Shipping

La rédaction

Depuis une douzaine de jours, des familles voulant rejoindre le Maroc par les ferries d’Inter Shipping sont bloquées au port de Sète (Hérault). Certaines ont dormi au port ou dans leur voiture, dans l’espoir d’avoir des réponses et des solutions de la part de la compagnie marocaine low-cost.

Ils craignent de ne pouvoir rejoindre leurs proches au Maroc. Depuis une douzaine de jours, des voyageurs venus de Belgique, d’Espagne ou de France sont bloqués au port de Sète (Hérault). Ils ne peuvent embarquer sur les ferries d’Inter Shipping. Cette compagnie marocaine low-cost vient de s’installer ici, à quelques jours de la fête de l’Aïd. Mais les problèmes s’accumulent pour les voyageurs. Certains ferries ont d’importants retards voire sont carrément supprimés. Et les passagers n’ont pas d’informations.

Des familles dorment dans leur voiture

Sam, Elias* et leur famille ont passé la nuit dans leurs voitures. Les deux jeunes hommes, venus de Belgique, ont appris que leur bateau était supprimé en arrivant au port. “Ce sont les policiers qui nous l’ont dit, expliquent-ils. Ils ont dit peut-être que ça sera demain, ou après-demain… Si mêmes les flics ne savent pas, comment voulez-vous qu’on soit au courant?

Les deux amis rentrent au Maroc pour fêter l’Aïd avec leurs grands-parents. Ils ont acheté leur billet sur Internet. Mais depuis plusieurs semaines, ils n’arrivent plus à entrer en contact avec la compagnie. “J’ai envoyé une vingtaine de mails, explique Elias, à des adresses officielles bien sûr. Je n’ai jamais eu de réponse. J’ai essayé d’appeler. Ici, les policiers nous ont dit d’aller voir au guichet mais il est tout le temps fermé. Comment voulez-vous qu’on puisse communiquer avec eux? Ils pourraient nous dire que c’est annulé et qu’on va être remboursé mais ils ne donnent aucune information!

Sam montre ses mails. On y voit la confirmation de son achat et son billet. D’autres n’ont pas réussi à avoir de billets. “Je suis venue ici car je n’arrive pas à acheter des billets sur le site Internet, s’énerve Asmaa, qui a parcouru plus de 1.000 kilomètres, depuis Bruxelles, avec son mari et sa fille. Le site est inaccessible. Je les ai eus trois fois au téléphone. On me dit d’actualiser la page mais ça ne change rien!” Sur place, le guichet n’est quasiment jamais ouvert. “Il l’est de 18h à 3h du matin“, souffle une petite fille.

Des rumeurs disent que les billets se revendent au marché noir. Ziti, elle, a acheté ses billets auprès d’une famille qui ne voulait plus partir. “Je suis allée voir l’agent, il m’a dit qu’il n’y avait pas de problème pour changer les noms sur les billets. J’ai garé ma voiture dans le parking. On a fait les tests PCR. Et quand je suis revenue, il m’a dit ‘On ne fait pas ça, c’est illégal’“.

Depuis une semaine, elle dort dans sa voiture avec ses cinq enfants. “Je veux bien dormir à l’hôtel, mais si jamais la situation se débloque quand on n’est pas là? Depuis une semaine, j’ai dépensé presque 1.000 euros : 600 euros de nourriture, parce qu’on est obligé de manger en extérieur, et 300 euros de tests PCR parce que, comme on vient de Belgique, c’est payant pour nous.

En début de semaine, 1.200 passagers ont dû dormir dans le port de Sète. La Croix-Rouge est intervenue en urgence, pour distribuer des boissons chaudes et de quoi grignoter. Le bateau, parti ce jeudi 15 juillet, était toujours à quai, ce vendredi 16 juillet, à 15h, avec tous ses passagers à son bord. Contacté, Inter Shipping ne nous a pas répondu.

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