le journaliste en détention Soulaimane Raissouni absent de son procès

Avec AFP

Human rights activists carry banners depicting dissident journalist Soulaimane Raissouni, who is on hunger strike, to demand his release, near parliament in Rabat, Morocco, May 25, 2021. REUTERS/Stringer NO RESALES. NO ARCHIVES

En grève de la faim depuis presque soixante-dix jours, le reporter est « dans l’incapacité d’assister à l’audience », selon son avocate.

Le procès du journaliste en détention, Soulaimane Raissouni, en grève de la faim depuis soixante-neuf jours, a repris, mardi 15 juin, en son absence, le prévenu se disant « dans l’incapacité d’assister à l’audience » à cause de son état de santé.

Parallèlement, le procès du journaliste Omar Radi, en détention provisoire depuis près de onze mois, s’est poursuivi dans une autre salle de la Cour d’appel de Casablanca (ouest). Les avocats des deux journalistes, les mêmes, ont dû se séparer en deux groupes pour pouvoir assister aux deux audiences.

A l’ouverture des débats concernant M. Raissouni, le ministère public a communiqué au juge une déclaration du journaliste se décrivant « dans l’incapacité d’assister à l’audience », car il ne peut « ni se concentrer ni parler », a rapporté l’avocate Souad Brahma.

Le parquet a ensuite contesté cette assertion en présentant des documents pénitentiaires, dont un certificat médical affirmant le contraire.

Soulaimane Raissouni, rédacteur en chef du journal Akhbar Al-Yaoum – en liquidation judiciaire depuis mi-mars pour des raisons financières –, est poursuivi pour « agression sexuelle » après une plainte déposée par un militant LGBT. Des faits qu’il conteste.

« Comment peut-on dire qu’un homme en grève de la faim depuis presque soixante-dix jours est toujours capable de marcher et de parler ? », s’est exclamée Me Brahma.

« Procès politiques »

M. Raissouni, en détention provisoire depuis un an, poursuit obstinément sa grève de la faim malgré les risques pour sa santé et les appels de ses soutiens. Emprisonné depuis son arrestation, il demande à être jugé en état de liberté ou, à défaut, s’est dit prêt à « aller de la prison au tombeau ».

Comme lui, son confrère Omar Radi, également en détention provisoire, a plusieurs fois demandé sa libération conditionnelle, en vain. Connu pour son ton critique, ce reporter indépendant de 34 ans est poursuivi pour « viol » et pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».

Mardi, le ministère public a estimé que son placement en détention, tout comme les refus successifs de liberté conditionnelle étaient « légaux (…) compte tenu des lourdes charges » pesant sur lui.

MM. Radi et Raissouni clament leur innocence et leurs soutiens dénoncent des « procès politiques ».

Leurs cas mobilisent au Maroc et à l’international : des défenseurs des droits humains, des intellectuels, des hommes politiques et des journalistes réclament qu’ils soient jugés en état de liberté, comme le permet la procédure pénale.

Les autorités marocaines, elles, mettent en avant l’indépendance de la justice et la conformité des procédures.

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