Covid, le commerce de la peur et de la mort

En ces temps très durs de pandémie du nouveau coronavirus, tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit d’une véritable catastrophe qui s’est abattue depuis mars dernier sur notre pays.

Les dégâts humains, sociaux, économiques, financiers, causés par LE (que l’on préfère au « LA ») Covid-19 sont immenses et tout est mis en œuvre pour en atténuer les multiples effets dans l’attente de ces vaccins qui, apparemment, seront très bientôt administrés à nos concitoyens.

Cependant, il est faux de croire et de dire que le Covid-19 a globalement appauvri entreprises et ménages car certains, bien au contraire, ont profité et profitent de la vague infectieuse pour s’enrichir.

Il ne s’agit pas ici de ceux à l’origine de découvertes et d’outillages précieux comme les respirateurs « made in Morocco » ou les fabricants de masques sanitaires dont les efforts sont légitimement rétribués.

Il s’agit plutôt d’individus et d’institutions qui profitent scandaleusement de situations dans lesquelles sont plongées des familles éplorées par le décès d’un proche causé par le Covid-19 ou assaillies par l’angoisse et le stress dans l’attente des résultats de tests PCR.

Plusieurs scandales ont été enregistrés notamment à la suite de tarifications abusives pratiquées par certaines cliniques privées pour des patients, dont certains étaient décédés, parce que celles-ci réclamaient des sommes élevées, soit comme « chèque de garantie », ce qui est strictement interdit, soit pour rendre le corps du défunt à la famille.

Sans vergogne donc, ces « oiseaux de malheur » surfent sur la détresse pour engranger encore plus d’argent au point où l’Agence Nationale de l’Assurance Maladie a récemment sanctionné trois d’entre elles en suspendant le tiers payant et en exigeant le remboursement des sommes indûment perçues.

Cela est incontestablement méritoire de la part des autorités de santé à l’origine de ces procédures, mais il faut remarquer que les citoyens qui ne bénéficient pas de l’AMO n’ont guère la possibilité d’impliquer l’ANAM dans un processus de réclamation qui pour réussir à faire rendre gorge à ces escrocs en blouses blanches nécessite la force de la puissance publique.

Un autre exemple de ces prébendes et pratiques scandaleuses vient de certains laboratoires privés d’analyses médicales et biologiques qui, toute honte bue, refusent les moyens de paiement modernes pour exécuter les tests PCR demandés par des citoyens assaillis par le stress à l’idée qu’ils pourraient être porteurs du Covid-19.

Ni chèques, ni cartes bancaires ne sont acceptés pour obtenir les résultats. On paie à l’avance, dès le test effectué, et en cash SVP !

Quelle est cette décision officielle qui permet à ces laboratoires de se comporter ainsi, générant un soupçon de dissimulation fiscale évident ?

Quand on sait que des milliers de citoyens et citoyennes, craignant la promiscuité qui, trop souvent, caractérise les files d’attente devant les hôpitaux où les tests sont gratuits, se tournent vers les structures privées pour obtenir confirmation ou infirmation de leurs craintes et angoisses ou pour se rendre à l’étranger, on mesure l’ampleur du pactole engrangé par ces laboratoires au-dessus des lois (fiscales) et qui profitent de situations anxiogènes « pour faire du noir »!

Mais la pandémie qui sévit, avec une moyenne de cinq mille cas environ détectés chaque jour  à l’échelle nationale n’est pas seulement l’occasion saisie par certains pour réaliser des gains indus. L’incompétence est également de la partie qui, s’ajoutant à la peur de nos concitoyens, rend certaines situations invivables.

C’est le cas d’une personne, âgée de 85 années et qui, sur la foi d’un commentaire « littéraire » émis par un médecin radiologiste, a entraîné une situation mortifère pour plusieurs personnes de son entourage familial.

En effet une banale radiographie des poumons a décelé une atteinte pleurale « minime, d’environ 5% du volume pulmonaire » écrit le praticien qui termine son compte-rendu d’examen par une phrase qui n’a aucune consistance scientifique en précisant que « ce pattern lésionnel minime est évocateur d’une origine virale spécifique Covid 19 Co-RASD 2, à confirmer par test PCR ».

Rappelons que cette personne est octogénaire, vit cloîtrée chez elle, avec toutes les mesures de précaution et de distanciation respectées par ses proches justement en raison de son grand âge.

Il est pour le moins curieux que cette lésion atteignant à peine 5% du volume pulmonaire soit révélatrice d’une infection au Coronavirus.

Interpellés sur ces commentaires, d’autres praticiens ont souligné le fait que le radiologue ne pouvait déceler la nature de cette petite infection et aurait dû limiter ses appréciations au seul constat de la lésion et de son volume, sans émettre d’hypothèse, la recommandation d’un test PCR étant largement suffisante !

Tout ceci, bien évidemment, plonge nombre de citoyens dans des situations de grand stress parfois aggravées par l’indigence des équipements de santé.

Ainsi, Fès, capitale spirituelle du Royaume, qui compte plus d’un million et deux cent mille habitants, est dépourvue de laboratoires privés d’analyses médicales pratiquant les tests PCR. Il existe seulement un système de ramassage des tests effectués notamment à domicile et qui sont envoyés à Rabat pour des résultats obtenus après une semaine d’attente, de quoi entraîner la personne testée vers un état de santé aggravé, voire la mort en cas de positivité.

Mais voilà, pourquoi faire des investissements coûteux pour se conformer au cahier des charges imposé par le Ministère de la Santé pour les tests PCR quand on sait que le niveau de vie  global des « Fassis » n’est plus ce qu’il était…

Le lecteur trouvera de lui-même les conclusions et jugements que de telles situations imposent !

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