Mon expérience avec Covid-19

Kaoutar Fal

Depuis le temps qu’est apparu à Wuhan en Chine à la fin 2019, j’ai suivi la naissance, l’évolution et la montée en puissance de cette pandémie qui a frappé le monde et qui n’a épargné aucun État, aucune personne abstraction faite des couleurs de peaux, des classes sociales, un virus face auquel on s’était senti minuscule et faible surtout lorsqu’il s’agit d’un ennemi invisible, invincible pour certains, un virus qui a renversé l’économie mondiale bousculant toutes les théories.

On a souvent tendance à penser que ça n’arrive qu’aux autres et on oublie que ça pourrait être nous “ces autres”, lorsque j’avais reçu ce coup de fil m’annonçant que j’étais testée positive à la covid19, j’étais persuadée qu’il s’agissait d’une erreur, je ne sentais rien, j’étais en pleine forme, je m’étais directement dirigée à un laboratoire pour refaire  mon test. J’ai passé la soirée à me documenter davantage, je pensais au pire des scénarios, les protocoles les pour et les contres, je gardais mon optimisme en appréhendant ce fameux  résultat le lendemain.

Le verdict était tombé quelques heures plus tard, ce fut le choc, j’ai pensé à toutes les personnes que j’avais vues, j’étais dans une mauvaise posture et je me sentais mal, pas pour moi, pour ma famille, mes proches, mes collaborateurs et mon milieu professionnel. Une gêne sans pareille malgré la distanciation, le gel, la paranoïa dont on m’accusait lorsque je débarquais quelque part avec mon arsenal de désinfection, toutes les nouvelles tendances senteurs et saveurs. Malgré ce deuxième test attestant ma contamination j’avais toujours  ce soupçon de doute avec cette voix qui raisonnait « non tu n’as rien! ».

Pendant cette période où je m’étais auto-confinée, plusieurs personnes de mon entourage étaient trop contentes, c’était comme un mars en carême compte tenu de mon rythme de vie professionnelle,  puisque selon eux je risquais le  karôshi et que des vacances forcées allaient forcément me faire du bien. La perte de l’odorat et du goût progressivement avaient confirmé la contamination, j’ai  dû me ressaisir pour pouvoir affronter la situation.

J’ai pris mon traitement et aussi les petites recettes faites par ma tante Farida à base de miel, propolis, clous de girofle et d’autres ingrédients que je ne connaissais pas, c’était amer des fois mais ça me faisait du bien puisque ça calmait mes douleurs.

Plusieurs pensées traversaient mon esprit pendant ces moments difficiles, je pensais à toutes ces guerres auxquelles nous faisons face durant notre cycle de vie depuis la naissance, on grandit! On aime on s’attache, de belles sensations qui nous transcendent qui nous font vibrer, on sent l’apogée de l’amour avec ceux qui nous aiment inconditionnellement, puis par la force des choses on perd ceux qui nous ont plus aimés. J’ai trop pensé mes parents et qu’ils étaient partis trop jeunes, trop tôt et que le bon Dieu leur a épargné de me voir dans l’état où j’étais et aussi de voir l’état du monde dans lequel nous vivons, ce monde en modes incertitudes et ambiguïtés.

Je pensais aussi qu’en avançant dans l’âge on pense devenir plus mature, puis nous retombons dans l’amour et nous redevenons enfant à nouveau et nous ressuscitions de nos cendres comme des phœnix, puis nous vivons  le mythe de Sisyphe ou l’éternel recommencement  et nous retournons à la case de départ.  Nous cumulons des déceptions, des trahisons dont nous  sommes coupables faute de notre bonne foi et continuons à croire en soi, en ses valeurs, en un futur candide, meilleur que tout ce qui est passé et les jours passent et je me sentais plus faible et je m’occupais par mon boulot par télétravail, ma poésie et ma musique en pensant autrement à ma vie, à ceux qui nous entourent, les nouvelles résolutions qui prennent place tout en aspirant à des projets meilleurs.

Je ne comprends pas pourquoi l’a-t-on converti au féminin alors qu’à  ses débuts c’était purement masculin , bref ce Covid19 est une expérience différente de ce qu’on a décrit dans les médias, de notre perception, c’est une pandémie face laquelle il faudrait beaucoup de courage ,de foi et de détermination pour la vaincre, c’est tout simplement une grippe dont il faut gérer aussi bien l’aspect psychologique que physique.

Aujourd’hui étant complètement guérie, je pense que c’est un soulagement de faire connaissance avec un ennemi, de pouvoir le supporter, le gérer et de survivre malgré la difficulté de la situation et de le vaincre surtout d’une part, d’autre part je pensais à toutes ces personnes qui souffrent et celles qui ont tiré leurs révérence à  cause de cette COVID19, nous aspirons toujours à un lendemain meilleur avec une grande nostalgie  à un passé récent où la vie était encore plus belle qu’aujourd’hui

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