Retour des familles de combattants/terroristes: la France appelle à la prudence

Le nombre total de Français encore dans la zone reste incertain: la France y dénombrait en début d’année près de 700 adultes, dont 300 femmes, et 400 enfants.

La justice française a appelé vendredi à la prudence sur les retours en France de femmes et enfants de “combattants/terroristes” venus d’Irak et de Syrie, invitant à ne pas céder à la “naïveté” et appuyant le principe de “cas par cas” affiché par le gouvernement.

Selon les services de renseignement, “quelques dizaines” d’adultes français, combattants ou leurs épouses capturés au fil de la débâcle territoriale de l’organisation terroriste Daesh, croupissent actuellement dans des camps ou prisons en Irak et Syrie.

La plupart seraient des femmes accompagnées de leurs enfants.

Le nombre total de Français encore dans la zone reste incertain: la France y dénombrait en début d’année près de 700 adultes, dont 300 femmes, et 400 enfants. Depuis, des milliers de combattants et civils ont été tués dans les combats et d’autres ont pu fuir.

Inquiètes pour leur sécurité et la perspective de voir ces femmes “jugées comme des terroristes” en Irak et Syrie ou de voir leurs enfants y devenir à terme “des bombes à retardement” terroristes, leurs familles ont appelé récemment Paris à les rapatrier au plus vite en France.

Mais dans une France toujours marquée par les attentats qui ont fait 241 morts depuis 2015, en partie perpétrés par des “revenants” de Syrie, les autorités se gardent bien de s’engager sur ce sujet très sensible.

Vendredi, le procureur de Paris François Molins a fait assaut de prudence, appelant à “se départir de toute naïveté”.

En entendant certains “revenants” de Syrie et d’Irak, le chef du parquet antiterroriste dit n’avoir en général “pas véritablement perçu de regret” chez ces “gens qui sont plus déçus que repentis”.

Mercredi, le président français Emmanuel Macron avait indiqué que le sort des femmes et enfants serait examiné au “cas par cas, en fonction des situations”. M. Molins a salué sur la radio franceinfo cette approche qu’il a jugée “pragmatique et pleine de bon sens”.

Le gouvernement estime que les combattants français prisonniers en Irak doivent être jugés dans ce pays, où ils encourent la peine de mort. Il est plus flou sur la Syrie, plus morcelée et où se trouvaient jusqu’à cette année, selon des sources concordantes, la plupart des femmes et enfants français de membres de Daesh.

– ‘Courage politique’ –

Selon la ministre des Armées, Florence Parly, l’examen au “cas par cas” concernera notamment les enfants, souvent très jeunes car nés à partir de 2014, et donc jugés plus propices à être éloignés des idéaux terroristes.

Mme Parly avait le mois dernier estimé qu’il fallait “neutraliser un maximum” de “combattants” en Syrie et Irak et que s’ils “périssent dans ces combats, c’est tant mieux”.

Ces déclarations ont renforcé la conviction des familles que la France ne compte à ce stade rien faire pour faciliter les retours.

Vendredi dans le journal Le Parisien, une Française de 52 ans qui réclame le retour de sa fille et de ses trois petits-enfants de 3, 5 et 8 ans a déclaré avoir conseillé en désespoir de cause à la première “d’accrocher un panneau au cou des enfants avec leur nom et leur nationalité” pour permettre de les identifier “au cas où elle serait tuée, ou s’ils étaient séparés”.

“Le courage politique, c’est de ne pas coller à une partie de l’opinion publique qui considère qu’ils doivent mourir sur place”, a déclaré vendredi à l’AFP l’avocat William Bourdon, qui représente plusieurs de ces familles et estime que “toutes les mères qui le veulent” doivent pouvoir rentrer avec leurs enfants en France et y être jugées.

A leur retour en France, a précisé M. Moulins, les mineurs de 13 à 15 ans “ont vocation à être interpellés et soumis à la justice des mineurs”, ceux de moins de 13 ans à être placés dans “des centres spécialisés, voire des familles d’accueil”.

Parmi les personnes déjà rentrées en France, 398 sont actuellement mises en examen dont 260 placées en détention provisoire. AFP

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