La Région n’organisera pas la fête du sacrifice. Une décision qui pourrait mettre les communes au pied du mur

La Région bruxelloise a décidé de ne plus organiser d’abattage rituel, et donc sans étourdissement, à l’occasion de la fête du sacrifice, justifiant sa décision par la baisse significative du nombre de demandes en septembre dernier. C’est ce qu’a annoncé jeudi soir la secrétaire d’État bruxelloise en charge du Bien-être animal Bianca Debaets (CD&V). Une décision qui n’est qu’une petite surprise au regard de l’échec de l’organisation mise en place cette année par la Région, mais qui place les communes et les musulmans de la capitale dans l’incertitude.

La Région avait débloqué, en septembre dernier, 225.000€ pour installer un méga-site d’abattage sur le territoire de la Ville. Objectif : concilier le respect des rites musulmans et la nouvelle réglementation européenne sur le bien-être animal. Au final, la reprise en main cette année par la Région de l’organisation de l’Aïd-el-Kébir, alors que, jusqu’ici, Schaerbeek, Bruxelles-ville, Molenbeek et Anderlecht s’en occupaient plutôt bien, s’est avérée être un échec.

En raison de la méfiance des musulmans envers le nouveau système centralisé et mécanisé, à peine 655 demandes d’abattage avaient été reçues du côté de la Région, alors que les quatre communes précitées totalisaient encore 2.200 inscriptions deux ans plus tôt. La fête, très importante pour les musulmans, avait finalement été gâchée, puisque la société chargée d’abattre et livrer les moutons n’avait pas réussi à remplir sa mission.

Du côté de Schaerbeek et Molenbeek, deux communes avec une importante communauté musulmane, c’est l’étonnement, voire la stupeur. “Les raisons invoquées, à savoir qu’il y a une demande en baisse, sont stupéfiantes ! Bien sûr, la situation est difficile, mais la décision n’est pas respectueuse de la réalité”, réagit le cabinet du bourgmestre schaerbeekois Bernard Clerfayt (DéFI).

Du côté de Molenbeek , on s’attend à une prochaine fête du sacrifice difficile à gérer. “Si le système d’abattage mis en place par les communes dans le passé n’est plus possible, il reste cette possibilité de site modulaire comme l’an dernier. Une solution qui demande beaucoup d’argent et de place. Les mosquées sont en train de réfléchir à des alternatives”, indique l’échevine du Bien-être animal Annalisa Gadaleta (Ecolo-Groen).
Thomas Julien

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